• Le mariage traditionnel

    LE MARIAGE YAZGHI AUTREFOIS DURAIT 7 JOURS
    par sandawi

    Quelques jours avant la fête, la future mariée allait chez la wachma se faire mettre des tatouages sur son menton, ses mains et ses pieds afin d'être belle pour son époux. Alors la mère de la mariée invitait toute la famille et les voisins.


    Le premier jour:

    Tôt le matin, le père du marié accompagné de quelques membres de sa famille apportaient moutons ou vaches et blés (Dfou3) et tout ce qui est prévu aux fiançailles, cet événement avait lieu essentiellement un Lundi ou un Jeudi.
    Alors, pendant ce jour, les membres de la famille ainsi que les amis se rassemblaient autour de la mariée, aussi que sa vizire (Louzira) qui ne devait pas être déjà mariée, qui était la responsable de la mariée et lui mettait le Hénné au bout des doigts et sur les pieds, tandis que les autres chantaient quelques chansons rituelles traditionnelles comme:


    Hniw l lala Hniw l khiti
    3la lqtifa hta yla mchat tbqa lkhlifa
    Hniw l lala Hniw l khiti
    Hniw lhnani bjah l3ali


    Pendant ce temps, on présentait les oeufs à la mère de la mariée, et le mouchoir à la mariée. Cette ambiance durait jusqu'à une heure tardive de la nuit avant que chacun rejoigne sa maison dans l'attente du deuxième jour.


    Le deuxième jour dans la soirée, la visire continuait de mettre du Hénné sur les doigts de la mariée, entourée des femmes qui chantaient et dégageaient de superbes youyous qu'on entendait jusqu'au septième jour.

    Le troisième jour ( Hnt qtrane ) :

    C'était différent des deux premiers, car pendant que lozira continuait de mettre le Hénné, la mère de la mariée apportait un drapeau blanc et deux oeufs.
    Elle mettait le drapeau en face de sa fille et lui donnait un oeuf pour le lancer dessous mais la mère devait l'attraper avant qu'il se casse. Après, elle cassait le deuxième oeuf sur la tête de la mariée, et par la suite lozira lui mettait le Hénné sur les cheveux.
    Pendant ce temps, les femmes chantaient des chansons qui vantaient la beauté et la dignité de la mariée comme:


    Siri ya wriqte lhnna
    Siri wnbti tmma
    Siri ya wriqte l3ar3ar
    Siri wmatkhlli 3ar


    La fête continuait sur cette cadence tout au long des quatrième, cinquième et sixème jours.

    LES HABITS DE LA MARIEE:


    Pendant ces six jours, la mariée s'habillait différemment du septième jour, elle portait alors un pyjama blanc appelé Al MASOURIYA sur laquelle, elle mettait un drap blanc Hayek et se chaussait de la Rihiya.


    LES HABITS DU MARIE:
    Durant tous les jours du mariage le marié portait une Djellaba blanche sur laquelle il mettait le Salham en laine, aussi il mettait sur sa poitrine un fil appelé LAHMALA et se chaussait de la Balgha.
     

    7eme jour:

    Ce jour se caractérisait par l'apport des cadeaux de toutes sortes par la famille du marié accompagnée d'une équipe de musique folklorique traditionnelle ( Tballa et Ghiyat ) et portant un drapeau blanc comme signe de paix et de pureté.
    Le soir, on accueillait la famille du marié en lui préparant un festin pour dîner symbolisant la connaissance et l'harmonisation entre les deux familles. Et puis après, tout le monde sortait pour jouer des tours d'Ahidous jusqu'au matin. Aussi, au cours de ce jour, on faisait baigner la mariée pour bientôt lui faire traverser ( Rha ) ( Moulin à main traditionnel ) afin d'enlever ou faire disparaître les effets de sorcellerie probable ( Tqaf ) pour faciliter la relation sexuelle.
    Après le bain, la mariée mettait ses plus beaux habits Al MAnsouriya et Tabet qui devait être rouge ou blanc, et on lui mettait aussi un voile blanc pour lui cacher le visage des regards des assistants et elle se chaussait du cherbile.
    Plus tard,venait une vieille dame du douar pour lui faire des nattes ( Azlloum ) et des tresses sur ses cheveux.  La mère mettait une assiette sur la tête de sa fille et commençait à préparer ( tisser ) les fils qui allaient tenir les nattes. De même, on lui tendait autour de son poignet un fil tenant un tissu sous forme d'une petite boule pleine de HARMEL ( la boule contient Lgourch Lwd3a Lharmel et le sel ) afin d'éviter le mauvais oeil et les sorcelleries.
    La mariée mettait aussi un grand bijou d'argent que l'on appelait MDJA ( en argent, décorée de Rwab3 nsas grouch tfah lhor qui s'étalait sur toute la poitrine ).
    Après le dîner et les tours d'ahidous, la famille du marié retournait chez elle mais la soeur de l'époux restait avec la mariée.
    Le jour d'après ( Yawm Rkoub ou Rwah ) était très riche en tradition. La famille du marié revenait pour rammener la mariée à la maison de son époux.
    On amenait donc un cheval ou une mule, monté par le frère de la mariée ou du marié.
    A leur arrivée à la porte, la soeur de l'époux faisait sortir les habits de la femme ( Le marié restait chez lui en l'attente de sa femme )
    Alors Louzira prenait la mariée par la main et la guidait vers la porte, et par la suite on la faisait monter sur la bête devant son frère ou celui de son mari. et une seule femme de la famille et Louzira étaient ses accompagnantes. La première portait les habits de la mariée et un panier plein de viande-Trid-dattes et des oeufs ... ( El Mandil ).
    La deuxième tenait un drapeau blanc comme signe du bonheur et de la pureté pendant toute la vie en mariage.
    L'accompagnait aussi un homme de sa famille qui devait être son tuteur ou responsable d'elle.

     

    La foule s'avançait vers la maison du marié dans une ambiance de fête. Quant à la jeune mariée elle ne devait plus tourner l'oeil derrière elle par peur de revenir chez ses parents comme divorcée.
    Dés son arrivée chez son époux on l'acceuillait par des youyous en plus des tabbala et du ghiyat.
    En ce moment, la mère ou la soeur du marié apportait une assiette pleine de morceaux de sucre et de figues séchées et les jetait sur la mariée pour que sa vie soit heureuse et sucrée.
    Après, on faisait descendre la jeune femme sans qu'elle touche le sol et tout directement vers la maison. Louzira plantait une canne dans le coin de la maison pour que la jeune mariée s'implante dans sa nouvelle maison comme la canne dans la terre. Ensuite la mariée devait piquer Loutade ( on lui donnait un Outd un marteau ) en chantant (3 fois) :


    Hna ndoq wtadi
    Hna nould wladi


    Louzira restait en sa compagnie jusqu'à l'entrée du marié et de ses amis.
    Le lit des mariés était un HSIR couvert de deux couvertures en laine et un oreiller.
    Après tout le monde sortait et l'époux s'approchait de sa femme pour lui ôter le voile et démonter ses nattes sans lui faire de mal. Par tradition, la mariée ne baissait les bras qu'après une longue bataille feinte.
    Dehors, les assisstants jouaient des tours d'ahidous tout en parlant de l'honneur de la femme et sa virginité.
    Quand le mari sortait de la chambre toute la famille entrait pour emporter le tissu blanc ensanglanté (MANSOURIA - SERWAL ) et l'exposait devant tout le monde en chantant des chansons comme :


    Lalla khrjto b3da
    Lalla tnaki l3da


    et autres...


    Au cas où la mariée était non vierge, le mari appelait les 3doules et la 3rifa ( ou vieille femme du douar ) pour divorcer, et la famille de la femme était obligée de rembourser toutes les charges du mariage, et de là elle apportait à sa famille la honte devant tout le douar.


    Le lendemain, la jeune mariée sortait de sa chambre pour accueillir sa mère accompagnée de quelques proches qui apportait une grande assiette ( kas3a ou stl ) pleine de viande et de tride. Alors louzira présentait ce plat à la famille du mari pour échanger les félicitations, puis elle peignait les cheveux de la mariée et lui mettait la Mdajja sur le front qu'elle allait porter pendant sept jours.
    Le septième jour la mère de la femme revenait pour lui mettre une ceinture de soie LHZAME et cela signifiait la fin de la fête et la jeune femme devait faire toutes les tâches ménagères et s'intégrer au sein de sa nouvelle famille.
    A la fin du jour, les parents quittaient leur fille après avoir lui donné des conseils pour bien traiter son mari et ses parents et surtout sa belle mère.
    Quelques jours plus tard la mariée, avec son époux, rendait visite à ses parents. Les parents préparaient des repas à la hauteur de la première visite de leur fille et lui offrait un cadeau, généralement une brebis, chèvre ou vache ou autres selon les possibilités ( RRADDA ) dans le but d'aider le jeune couple à bâtir son foyer.

     

    LE HENNE DU MARIE

    Le jour du Henné le marié s'asseyait sur une tablette ou chaise couverte d'un drap blanc. Il portait une DJELLABA blanche et un SALHAME en laine et était chaussé d'une BALGHA. Son visage était caché par le QOB de sa DJELLABA. Il était entouré de sa famille, de ses voisins et de ses amis qui ne le quitaient pas durant les 7 jours de la fête du mariage.
    Il était leur roi et ils étaient ses ministres et ses conseillers. Ils exécutaient ses ordres et les sages parmi eux lui donnaient des conseils concernant la vie conjugale.
    Dans cette atmosphère le vizir (LWZIR) qui devait être célibataire commençait à mettre le Henné sur les mains de Moulay Sultan tandis que les autres chantaient quelques chansons traditionnelles en compagnie des youyous des femmes:


    Sla lah 3ala nabi
    sla lah 3alih
    Mohamed bo Fatma ya farhati bih
    Sla lah 3ala nabi zido f slato
    Lilah ya ch3orate lbnate kono hjabato
    Sla lah 3ala nabi f kol ma zhali
    Mohamed bo fatma knzi w ras mali
    Sla lah 3ala nabi ya zine zine
    Mohamed bo Fatma ya chfi3 lmslmine
    Sla lah 3ala nabi w ya ziyaro
    A ya rbi ya lhbibe t3mlni jaro

    ou:

    Sla lah 3la nabi sla lah 3alih
    Mohamed bo fatma ya farhati bih


    Khiyi ya khiyi lhbibe
    Ya tal3 ljbal w chmche walato
    Lilah ya ch3orate lbnate kono hjabato

    Sla lah 3la nabi sla lah 3alih
    Mohamed bo Fatma ya farhati bih

    Khiyi ya khiyi lhbibe
    Ya khito lhrire drto foq rassi
    3lik ya khiyi lhbibe krhoni nassi

    Sla lah 3la nabi sla lah 3alih
    Mohamed bo fatma ya farhati bih

    Khiyi ya khiyi lhbibe
    Ya khito lhrire drto foq chdda
    3lik ya khiyi krhoni l3da

    Sla lah 3la nabi sla lah 3alih
    Mohamed bo Fatma ya farhati bih

    Khiyi ya khiyi lhbibe
    F lilte lila
    Tb3to hta mcha lwad di Mghila

    Sla lah 3la nabi sla lah 3alih
    Mohamed bo Fatma ya farhati bih

    Khiyi ya khiyi lhbibe
    Lilte lbarah
    Tb3to hta mcha lilwad lmalah
    [/b]


    MARIAGE D'AUTREFOIS (1)

    Par HJAR EDDIB


    Autrefois,c'est a dire pas plus loin que le siècle dernier qui vient juste de nous quitter,les traditions existaient encore bel et bien ancrées dans nos sociétés vivantes et vivaces telles quelles ont été léguées par nos ancêtres entre autres l'une des principales institutions, qui acquiert dans notre vie une place de choix et qu'est le mariage.
    Chaque société avait ses traditions pour célébrer le mariage, lesquelles ont été érodées, tellement, sous le poids de l'évolution rapide de notre société qui n'a pas été épargnée par le chamboulement du mode de vie des temps modernes, jusqu'à disparaître complètement, tant il y avait de bienfaits d'aisance et de fausse richesse procurée par un progrès à l'avance filante et a la poussée fulgurante .La tradition du mariage chez nous n'a pas échappée a cette logique des choses . En mal ou en bien, les avis divergent, mais ce qui est sûr,nos grandes mères et nos mères,dont certaines sont encore là,trouvent que le mariage, était une étape culminante dans le parcours de leurs vie, et que les rites qui le précédait, et les usages qui l'accompagnait,témoignaient de son importance,comme facteur menant a la constitution de la plus petite cellule de la société, amenant ses acteurs a avoir leur rôle dans la vie en procréant,en travaillant et en s'aidant mutuellement,partageant peines et joies.
    Créer un foyer, c'est agrandir la famille, laquelle agrandira à son tour la tribu, qui par le nombre de ses familles et ses foyers occupera une place prépondérante au sein des autres tribus.
    Voici comment se déroulait cette tradition du mariage chez nous, au début du siècle dernier, de la même manière que celle par laquelle nos parents se sont unis, dans la modestie, et la simplicité, pour le meilleur et pour le pire....

    Contrairement a ce que peuvent penser certains, il y avait du bon sens et beaucoup de pudeur, dans la façon avec laquelle on scellait cette union.C'est que le jeune homme célibataire dit "âazri" avait au préalable fait la connaissance de celle qui un jour sera son épouse, pour l'avoir vu et croisé dans une occasion, ou lors d'un déplacement si elle était d'un autre douar, et sûrement lui avait fait un furtif sourire porteur d'un grand message.

    Quand le désir de se créer un foyer vient ,le jeune homme ne s'en ouvrira pas à son père,ni même a sa mère, car la coutume et la timidité,lui interdisait des conversations sur ce sujet avec ses ascendants.Toutefois il confiera ses intentions à un grand frère ou a un ami de la famille qui sera son représentant, et qui ira trouver le père,lequel s'en informera sur les qualités et la conduite de la jeune fille. S'il agrée et juge la proposition acceptable, il le fait savoir à l'émissaire, qui s'en va en courant rapporter la bonne nouvelle au jeune languissant,qui a son annonce, saute de joie, pourtant...rien n'était gagné encore.

    Quelques jours plus tard, le père, accompagné de deux ou trois notables de la Jmâa se rend chez le père de celle que son fils a choisie et se présente selon ce que dicte la tradition en qualité de Dif d'Allah c'est-a-dire "Hôte de Dieu". "Bienvenue à l'hôte de Dieu " répondra généralement le père de la jeune fille.Après avoir sirotés un ou deux verres de thé à la menthe et échangés quelques banalités, le père du jeune homme expose le but de sa visite...

     

     

    Une photo de mariage, les cadeaux du futur mari à son épouse, la journée dite d'El Khotba et Dbi7a (fiancailles et immolation). Les plateaux portant ces cadeaux sont bien sûr précédés d'un mouton et d'un taureau qu'on ne voit pas dans cette prise de photo: Date 1975 à Ouled Mkoudou, une expédition partie d'El Kalaa.
    Regardez en arriere à droite la Ghita de feu Hammadi El Gana et juste à coté, les têtes enturbannées de ses deux co-équipiers (à la batterie) feu Echoumour et Lakhal.
    Remarquez que les femmes à cette date portaient encore la Djellaba avec le trés beau foulard en guise de voile bien transparent.



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