• L'araire au Maroc

    Le fabricant d’araires

    L’araire, celui dont on nous parle dans les livres d’histoire, est toujours fabriqué dans la Médina. Il est utilisé par les paysans des régions montagneuses, dans les sols caillouteux et sur de minuscules lopins de terre.

    Le bois de chêne utilisé provient des forêts du Moyen Atlas soit de Tahala soit d’Azrou. Il faut 100 kilos de bois, deux journées de travail et le soc fourni par le forgeron pour faire un grand araire (ou 2 petits). Si le laboureur prend soin de son outil, il pourra s’en servir pendant 4 ans.
    Si Bernoussi fabrique des araires d’août à novembre, ensuite c’est surtout un travail de « maintenance » tant que dure la saison des semailles jusqu’en avril. Par chance, en ce début juin, il est en train de réparer une de ces charrues. Avec beaucoup de patience, il nous montre comment s’imbriquent toutes les pièces.

    De mars à septembre, Si Bernoussi exerce une autre activité : il fabrique, installe et restaure des norias sur les berges de l’Oued Sebou entre Fès et la Plaine du Gharb. Ces norias ont un diamètre qui varie de 4 à 10 mètres selon la profondeur du fleuve et la force du courant. <o:p></o:p>

    Ce fabricant d’araires et de norias, qui souvent accompagne les écoliers marocains au musée du bois pour leur expliquer l’utilisation des différents outils, est-il un homme jeune ? Plus tout à fait ! Ce père de famille nombreuse est né voici 76 ans dans la province de Taounate. Contrairement à Si Mohamed ou à Si Hammad, il envisage l’avenir avec sérénité : Saïd son troisième fils, agriculteur dans la région de Fès est capable de prendre la relève le moment venu, le plus tard possible, Inchaa Allah.<o:p></o:p>

    Au cours de ces visites en Médina, à la rencontre des artisans, j’ai eu le privilège de faire la connaissance d’hommes de qualité, pleins d’humanité et de simplicité, dont la préoccupation principale est de bien faire leurs métiers. Une grande leçon de vie. <o:p></o:p>

    Merci, Messieurs, pour votre gentillesse et votre disponibilité.

    Auteur: Abdou
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    Pour comprendre les outils, il faut se mettre à l'école des paysans et démêler le réseau infiniment complexe de leurs faits et gestes.L'outil est une concrétisation de l'action, c'est une sorte de sculpture où on peut en lire les traces essentielles. C'est d'ailleurs parfois une sculpture tout court, tant certains outils peuvent être beaux. L'étude des outils n'est pas une voie facile.Mais c'est celle qui conduit le plus sûrement vers la compréhension en profondeur de la réalité des agricultures et des sociétés africaines.

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    On peut lire en ligne à l'adresse suivante (en cliquant sur le titre) une étude complète sur les différents types d'araires traditionnellement utilisés au Maroc, à partir de la page 248. Malheureusement les pages 246 et 247, qui doivent être très intéressantes, ne sont pas consultables en ligne.

    Outils aratoires en Afrique




    Il s'agit d'un ouvrage publié chez Karthala en 2000, écrit par Christian Seignobos, Yasmine Marzouk et François Sigaut
    Collection: Hommes et Sociétés : Sciences économiques et politiques
    Thème : Agriculture et paysans


    Autre texte à consulter en ligne sur le même sujet:

    Campagnes et paysans d'El Andalus  du VIIIe au XVe siècle, de Vincent Lagardère, aux éditions Maisonneuve (1993)

    Sur les instruments aratoires: à partir de la page 236


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