• Aujourd’hui je viens vous conter une histoire. Appelez-la comme vous voulez : un conte une mhajia une khrafa, peu importe. Mais je vous conseille de ne pas la raconter à vos enfants le jour, car, comme me disait ma mère, ils attraperaient la teigne. (ikra3ou) 
    L’histoire s’intitule : kzimar 
    Il était une fois dans un village lointain, Mallaha, Taghit, Ghoumra ou Sraghna, je ne sais pas, une famille qui vivait sa vie de bonnes gens. La femme aidait son mari, l’aimait tendrement et son mari le lui rendait bien. 

    Puisqu’ils n’avaient pas encore d’enfant, ils décidèrent d'adopter un chien. Un chien du bled, ni grand ni petit mais très intelligent et très attachant. Il mangeait peu, jouait beaucoup mais ne laissait personne s’approcher du logis. On le nomma Kzimar. 

    Non loin de leur demeure logeait une femme. Elle vivait seule. Elle était, avouons-le, belle comme tout, mais les habitants du douar se méfiaient d’elle. On racontait beaucoup de choses à son insu. Certains disaient même qu’elle était sorcière. Mais seule la femme connaît la femme. Sa voisine, la maîtresse de Kzimar disait qu’elle était ogresse !!! « Qu’est ce que tu racontes ? lui disait son mari. Comment oses-tu dire du mal d’une pauvre femme ? Ne sois pas jalouse!».

    Un jour la belle femme rencontra le mari, l’aborda tendrement et lui dit:
    "Hier je t’ai apporté un délicieux plat que tu goûteras bassahha ouraha, mais votre chien Kzimar m’a empêché d’approcher votre maison".
    Le lendemain, elle prit son plat de couscous sous sa cape et se dirigea vers le logis de ses voisins tout en chantonnant:
    "Aujourd’hui je mangerai le voisin, demain, je me lècherai les babines» (allila nakoul jjar, ghadda nasladou).
    Kzimar l’entendit et commença à crier:
    « Je te jure que jamais tu ne mangeras le voisin tant que Kzimar sera à la maison (oullah matakoul jjar, mahad Kzimar faddar).

    La même scène se répéta plusieurs fois.

    La pauvre et belle femme selon le mari, l’ogresse selon sa femme, se plaignit encore de Kzimar « le méchant ».
    Le mari alors décida d’attacher le chien. Mais la voisine prétendit avoir peur de Kzimar même attaché et demanda à ce qu’il soit tué. A ce sujet une dispute éclata entre le mari et sa femme. Celle–ci menaça de quitter la maison si son époux osait toucher à Kzimar. Le mari aveuglé par le discours mielleux de la voisine céda à la demande de celle-ci et tua le chien. Et sa femme de quitter la maison.

    Le jour d’après, la voisine revint avec un autre délicieux plat de couscous en répétant : « llila nakoul jjar, ghadda nasladou » et Kzimar , même mort, de répliquer « oulla matakoul jjar, mahad Kzimar faddar » .
    La belle voisine protesta devant le mari, prétendant que rien que la vue de Kzimar lui faisait peur et qu’elle se trouvait dans l’incapacité d’offrir à son voisin ce qu’elle lui apportait. Le mari prit alors le chien mort et le jeta loin de la maison. Le jour d’après la voisine revint, toujours le plat de couscous à la main en scandant « llila nakoul jjar, ghadda nasladou » et le sang de Kzimar de grogner « oullah matakoul jjar, mahad dam kzimar faddar ».
    Le mari nettoya minutieusement le parterre. L’ogresse vint alors, trouva le champ libre, s’infiltra dans le logis du mari et sans que celui-ci eût le temps de s’en rendre compte, le prit par la gorge et lui dit:
    "Maintenant je vais te manger, par où veux-tu que je commence ?
    _Commence par la tête qui n’a pas écouté sa femme!"

    Et lamhajya est allée avec la rivière et moi je suis resté avec les bonnes gens. 
    ( lamhajya mchat m3aloued ouana b9it m3aljouad) 

    Auteur: Fandlaoui 

    ____________________________________________________________________________________________________

    Merci Fandlaoui de ton conte de KZIMAR, qui me rappelle les belles nuits d'autrefois, lorsque l'une de mes grand-mères, et particulièrement celle du côté maternel, alors qu'il faisait très froid, nous récitait autour du Kanoun les contes de Mama Lghoula (mère l'ogresse), ou du cavalier téméraire qui bravait tous les obstacles (froid, neige, rivières, serpents, loups et lions, pirates etc...) pour parvenir à libérer sa belle. Elle parlait, et parlait encore, et encore, jusqu'au moment où personne ne lui disait: "aiwa" (et puis). Elle nous transportait alors, la pauvre, nous les petits, un par un, pour nous placer, alignés l'un à côté de l'autre, dans la chambre où elle nous couvrait d'un grand et lourd tapis en laine. Le matin, je me réveillais avec l'histoire encore en tête. QUE DIEU AIT TOUS NOS PARENTS ET GRANDS PARENTS EN SA SAINTE MISERICORDE. AMEN. 

    Auteur: mghili  

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  • Ain Kbir n’a pas toujours été comme elle est actuellement. Elle était découverte. Trois grands peupliers (lbalz) lui donnaient un charme particulier. Il y avait des poissons, parfois de gros dans les sorties de l’eau. Les eaux les plus abondantes provenaient du côté de Baba Fouyane (nord). Les eaux qui provenaient de la direction de Ain Ghourab n’étaient pas très importantes. Tout le monde y venait nettoyer son linge (laktayef, la3dayel, lahnabel, lbattanyat, lahyadar…) et les vêtements de toutes sortes. On n’utilsait pas de produits chimiques mais du tghighat en poudre (racines d’une herbe qu’on extrayait de partout, chez nous d’El Baten). 

    Ain kbir se divisait en six ségya: sakya di jabna, sakya d’al attar, skya de taghda ben aicha. sakya d’ajdir et sakya d’ass3aya. 

    Hal kal3a et hal manzel se partagaient l’eau de ain kbir. 
    Les hal kal3a en profitaient à partir du "fajr" jusqu’ à "l3asser". Les hal manzel le reste. Lamkam et Lbaten utilisaient le résidu de la rivière après la fermeture par les hal manzl. A préciser aussi que l’eau de ain kbir était et continue à être partagée entre bou3rayess et jnanat (un jour sur deux). Il y avait aussi sakya d’al arss. Les Menzli devaient laisser une sakya pour irriguer les jardins des hal kal3a (sakya d’al arss). Les ben youssef prenaient la moitié. L’autre moitié était partagée entre l3arssa dajma3a, el ganoudi et jnane ben allal. Jusqu’ici les choses ne sont pas très compliquées. Ce dont je parlerai la prochaine fois est plus intéressant, par ce que cela témoigne du génie de nos ancêtres. 

    Auteur: Fandlaoui

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  • A la fin de chaque année scolaire, la classe de filles de l'école berbère d'Ahermoumou, accompagnée de son institutrice, faisait un pèlerinage au marabout de Sidi Ali ou Yahia. Nous partions tôt le matin, descendions vers la vallée du Zloul avant de remonter vers Mghila où nous nous arrêtions pour pique-niquer. Je me souviens de ce beau village aux maisons massives, de ces jardins intensément verts, des vignes qui grimpaient partout, des oliviers, des figuiers, des champs de fèves... J'ai le souvenir de cascades, du bruissement de l'eau. Je me souviens du moulin à eau, de la noria qui déversait son eau dans une seguia. Ce moulin à eau a paraît-il disparu. Et j'en suis fort attristée. Mghili, pouvez-vous nous raconter l'histoire du moulin à eau de Mghila?

    Auteur: Karaba (la vraie!) 



    A la demande de notre chère KARABA la Vraie, j’essaie de vous parler un peu du moulin à eau de Mghila qu’elle a cité dans son dernier écrit. 

    Tout d’abord, Mghila dont j’ai déjà décrit la situation géographique et la topographie, à la page 5 de notre forum, se distinguait par l’abondance des eaux de ses sources qui alimentaient l’Oued Boujrain (rivière aux grenouilles), laquelle rivière coulait le long du village sur une distance de plus de 6 kms pour se jeter dans l’Oued Zloul. De ce fait, le village n’avait pas un seul moulin à eau, mais sept, implantés le long de l’Oued, de l’amont (Est) à l’aval (Ouest) : 

    -Un à Lasnad, appartenait à la famille des Ouled Stimouh. 
    -Un à Ain Guendal, appartenait à la famille des Ouled Hsain. 
    -Un à Bab Dchar, appartenait à la famille des Ouled Hmidouch. 
    -Un à Ain El Hamma, appartenait à Lhaj Braham. 
    -Un à Ain Boujtat, appartenait à la famille des Ouled Yakhlef. 
    -Un à Ain Tafza, appartenait à Sidi Allal El Ouazzani 
    -Un à Tinouarine, appartenait à Bridou (la famille Zeroual) 

    Celui indiqué par Karaba la Vraie est certainement celui de Bab Dchar, situé au centre du village, sur la route de Sidi Ali Ouyahia. Il a fonctionné jusqu’au début des années 70, comme tous les autres, qui ont dû arrêter de tourner à cause de la modernité et surtout de la sécheresse. Le dernier, qui a mieux résisté, pour quelque temps aux deux phénomènes, est celui de Ain Tafza. Actuellement, ils ne sont tous que ruine, ou tout simplement, à l'état de traces qui rappellent aux gens de leur temps encore en vie, des visages d’hommes, de femmes ou d’enfants, ou des circonstances particulières, les incitant à moudre leurs grains pour préparer leurs moments de joie ou de tristesse, bref des souvenirs. 

    Mghila, telle que vous la connaissez, ma chère Karaba, relève du passé. Le présent, jusqu’à l’été dernier, y était très dur à cause de la sécheresse qui a tout décimé. Les vergers et champs de fèves ou de maïs (en été), qui vous sont restés en mémoire, ont changé de couleur depuis longtemps pour devenir ocres et nus. C’est du moins ce que j’ai en tête, moi qui n’ai pas visité le douar depuis l’été de l’année dernière. Cependant, selon ce que j’entends dire ces jours-ci, les quantités très importantes de pluie tombées dernièrement ont redonné vie à la végétation et aux sources d’eau, à tel point que la cascade de Zerrab Slimane (haute de quelque 70 mètres), que tout le monde considérait morte à jamais, inonde le vallon de sa buée épaisse. J’espère qu’elle continuera à couler jusqu’au printemps, et pourquoi pas l'été prochain pour la contempler en votre présence, tous, autour d’un verre de thé et d’un tagine de poulet beldi, si vous le voulez bien. 

    Auteur: 
    mghili 

    Voir la vidéo "Les cascades de Mghila" 



    Mghili juste un détail à propos de Mghila: il y avait la rivière qui descendait de Aïn Ajri et qui prenait sa source à Aïn ajri dans la source qui portait le même nom. Autrefois l'eau était tellement abondante qu'il était difficile de traverser... La verdure, les poissons... et cette rivière descendait jusqu'à Mghila,  à 3 km de Aïn Ajri, plus bas, à pied. Malheureusement le gouvernement a détourné la source pour alimenter Ahermoumou. Cela s'est produit en 1967 et depuis c'est la sécheresse totale aussi bien pour Aïn Ajri que Mghila, voilà comment le gouvernement tue des villages paradisiaques. 
    Mais il faut savoir que la source de Aïn Ajri a été " vendue " au gouvernement par des traitres que tout le monde connaît car ce sont les seuls qui ont bénéficié des compensations, notamment une famille très très connue à Aïn ajri que vous connaissez tous jusqu'à Rabat ...

    Voilà un extrait d'arrêté du 13/12/1967: 

    Bulletin officiel n° 2876 du 13/12/1967 (13 décembre 1967) 
    Arrêté du ministre des travaux publics et des communications n° 665-67 du 22/11/1967 (22 novembre 1967) portant ouverture d'enquête sur le projet de reconnaissance des droits d'eau existant sur la source dite Aïn Ajri, située dans l'annexe d'Ahermoumou (province de Taza). 


    Par arrêté du ministre des travaux publics et des communications n° 665-67 en date du 22 novembre 1967 une enquête publique est ouverte du 8 janvier au 9 février 1968 dans l'annexe d'Ahermoumou (province de Taza) sur le projet de reconnaissance des droits d'eau existant sur la source dite Aïn Ajri , située dans l'annexe d'Ahermoumou (province de Taza). 

    Le dossier est déposé dans les bureaux de l'annexe d'Ahermoumou (province de Taza). 

    Auteur: hdgremix  



    Tu as raison mon cher Remix. Oued Boujrain prenait naissance à Ain Ajri et Aghzer, puis Lahouaza où il recevait l'apport de plusieurs sources dont la plus importante est Ain Kébir, avant de se jeter dans la cascade de Zerrab Slimane. 

    Oui, je comprends parfaitement que le problème de l'eau à Mghila provient du tarissement des sources, de Ain Ajri et de Mghila. Ce tarissement est dû particulièrement à la sécheresse, et aussi à la surexploitation de la nappe aquifère, aussi bien à Ain Ajri pour alimenter Ahermoumou et sa région en eau potable, qu'à Igli, pour irriguer les exploitations agricoles qui ne cessent de se développer dans la région. 

    C'est une vraie problématique car à quoi doit-on donner la priorité? Est-ce à l'irrigation de vergers ou à l'alimentation de toute une population en eau potable? Le bon sens se range naturellement du côté de cette dernière option. Et les autorités ont opté pour la plus simple solution, à savoir pomper l'eau de Ain Ajri pour en alimenter les populations. Seulement, elles ont oublié que cette demi-solution a tué une autre population, de Ain Ajri à Tinourine, dont le nombre est quand même assez important. 

    Il n'est pas plus navrant que de choisir toujours la facilité, car elle ne génère jamais de richesse, mais que de la misère. La seule solution vraiment salvatrice n'est autre que la construction d'un barrage sur l'Oued Zloul, qui devra être crânement revendiquée par les populations et autres acteurs de notre région. C'est le seul espoir qui reste, sauf si le ciel demeure clément à l'avenir, comme il l'a été cette année.  

    Auteur: mghili 

    2 commentaires
  • Je vais essayer aujourd’hui de vous présenter deux forteresses « kalaâ », à savoir Ouled Mhammed et "Ahl ben Youssef". Sachez d’abord que mon choix des deux kalaâ est fortuit (j’aurais pu commencer par ouled Abdelaziz ou Ahl Touama). Je sais que mon travail intéresserait peut-être plus les « hal barra » que « les kal3aoui ».

    Au cours de ma présentation, j’essayerai de situer géographiquement les deux douars, de parler en général de leurs habitants, de certaines grandes familles qui composaient chaque agglomération et de certaines personnes qui ont marqué l’histoire des deux villages. Je parlerai aussi de leurs activités, de leur mode de vie, de leur place dans la tribu des béni yazgha et à la fin je vous conterai un de leurs contes.

    Que vous soyez à El Kouchla Danssara, à Koudya dla3yat, à Karn Souk, à Thar Ennayem ou au cœur d’El Menzel, vous remarquerez toujours deux grands minarets s’élançant majestueusement dans le ciel, surplombant El Menzel et autour desquels viennent s’agglutiner de très modestes demeures en pisé ne dépassant jamais un étage.

    Pour accéder aux deux douars, plusieurs voies sont possibles :
    D’El Menzel, le visiteur peut emprunter soit la route du collège, soit celle d’El Boutya soit celle de Jnan Louta et, s’il est motorisé, celle de Lakhbayez, goudronnée.
    Du côté de Ain Kbir, il peut rejoindre les deux douars par Zahka Dassarhani, par Bou3raÏss ou par Ouled Abdelaziz.

    Les deux villages se situent sur deux rochers calcaires, (appelés tafza) inaccessibles du côté sud.

    Entre les deux villages coule un petit oued qui se jette à coté de sidi mghite et nettoie les eaux usées de nos amis manzli. Cet oued faisait, autrefois, tourner aussi les moulins des kalaoui. Hélas ! Ces moulins ont subi le même sort que celui d’Alphonse Daudet et sont soit en ruine soit complètement rasés soit transformés en habitations. Le premier, non loin de Ain Kbir, à Sfifah, appartenait à ould lhayani (l’ex-caïd larbi), le deuxième au dessous d’El Manchra à Lhoucine Zarrouk, le troisième à une trentaine de mètres appartenait à Ali ould Ali, le quatrième, juste au dessus de ceux des ouled lmallahya qui en avaient trois ou quatre, appartenait à feu ali lboudouri, le dernier près des Nass Laghlita était celui du défunt Majjou: en tout, 9 moulins pour écraser le bon blé de beaucoup de yazghi et pour en faire du bon pain pour tout le monde.

    Maintenant je vous invite à faire un tour dans le premier douar, celui d’Ouled Mhamed. Prenons le plus beau chemin, celui de bou3raiss. Tenez-vous bien, nous traverserons de nombreuses seguias, le sentier est sinueux mais la vue est des plus belles. Nous sommes à Bab kla3, jadis l’entrée principale, la seule, je veux dire, du village se fermait à clé et avait un gardien et c’est ce qui distinguait Ouled Mhamed et Ben Youssef des autres douars kal3aoui. Le village se compose de trois grandes familles (fakhdat) : celle des nass Mhemed Outaleb au nord composée de nass bel arbi, ouled ali, nass boutaher, nass hammane. Puis la famille des Chraka qui habitent l’impasse bab essaba) se compose des nass el boudouri, nass bssiss, ouled haddou lafkih et nass abbou. Enfin la famille des Chouadel qui occupent la belle vue sur El Menzel: devant eux, le ravin est planté de figuiers de barbarie. Cette famille se compose des nass la3ribi, des nass tayeb hammou qui ont constitué un dour à lahmari – timouyass , de nass ali chadli, des nass lahcen chadli des nass kadour chadli et de nass el mellahi.
    Ces trois grande familles sont apparemment originaires de Rissani car il ya quelques vingt ans, des chrfa de Rissani apportaient chaque année aux mhamdi leur part de dattes et étaient chaleureusement accueillis et vénérés. Pour leur retour, les ouled mhamed, qui les considéraient comme leurs frères, leur offraient des denrées alimentaires: des figues, des céréales, de l’huile, des olives etc...
    A remarquer que certaines familles comme celles des Khoumssi originaires de jbala et celle d’ouled sadni originaire d'Ouled Mbarek sont d'installation récente au douar
    A propos de leurs habitudes: les ouled mhamed n’avaient pas de problème à choisir leur fkih: Si lhoucine Khiy est resté chez eux pendant plus de soixante ans.
    Comme tous les kal3aoui, les ouled mhamed étaient très solidaires entre eux: chaque fois qu’une famille perdait une vache ou un bœuf, suite à un accident ou à une maladie, tous les foyers se partageaient la perte (Rzya) quitte même à ne pas consommer sa part de viande.
    Ce qui caractérise aussi ouled mhamed c’est qu’ils n’avaient pas de boutique pour le commerce. Chaque fois que quelqu’un en ouvrait une, le lendemain il se faisait cambrioler. Les autres douars appelaient ouled mhamed ouled lgalta zarka par référence à la lagune à coté du moulin de ali ould ali dans laquelle on se baignait en été. Les baigneurs les plus hardis et les plus expérimentés s’entraînaient à plonger à kssi3a, un gouffre très dangereux, creusé dans du calcaire par le torrent se jetant dans le jardin de feu charif à coté des moulins d’ouled lmallahya. 

    Parmi les hommes qui ont marqué l’histoire des ouled mhamed, je citerai:

    -Ahmed boubker qui fut en même temps guérisseur, vétérinaire, fabriquant de charrues et juge dans les contentieux relatifs au partage de l’eau ( je reviendrai sur ce sujet plus tard, il est d’une importance capitale).
    -Ali chadli qui fut à un moment donné cheikh (notable) et qui attira aux chouadel de nombreux ennuis en tirant à bout portant sur un officier français qui l’aurait insulté devant les siens ( je reviendrai à son histoire plus tard)
    - Larbi boutaher surnommé « lkhirinous » qui ne s’est jamais marié, qui habitait seul et qui était connu pour ses escapades nocturnes et ses descentes sur les poulaillers des ouled abdelaziz et des hal touama.

    Ainsi prend fin ma présentation des ouled mhamed. D’avance je demande pardon à ceux ou à celles dont les noms figurent dans mon écrit. Mon but n’est autre que de faire connaître une culture en détresse.

    Auteur:
    Fandlaoui

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    Concernant la réflexion de Fandlaoui qui m'a fait comprendre que Sidi Mamanhou est un Saint sans dôme et sans murs et qu'il se trouve au pied des micocouliers ( Attaghzaz), certes je ne la conteste pas. Il n'empêche que le cimetière porte son nom et le lieu aussi. Par exemple si tu poses la question à Karrouch ou à El Ganoudi qui habitent juste à côté : "Où habitez -vous ?" Ils te répondront : "Nous habitons à Sidi abdel wahad ou à Sidi mamanhou". Ils ne te diront pas qu'ils habitent à TOUAGHADE ! Toi-même - l'autre fois- quand j'ai parlé du travail du chanvre, tu m'as répondu que tu te souvenais de Bellahlale quand il le travaillait à Sidi Mamanhou ! Donc les noms de ces deux Saints prédominent sur celui du lieu. Il est plus facile d'expliquer à tous nos lecteurs et de leur faire comprendre que Sidi Abdewade se trouve entre Sidi Mamanhou et Ain Kebir que de dire que Sidi abdewahade est entre Touaghade et Ain Kebir ! Noublions pas que chaque parcelle de terre porte un nom différent de celle qui est à côté. Cela dépend de leur propriétaire. Par exemple, 30 mètres avant Touaghad, c'est Jnane Bnichou et 30 mètres à l'est de Sidi Mamanhou c'est Lamkam; 20 mètres plus loin c'est Sakia de Boustioune et 10 mètres à l'Ouest c'est Sidi Abdelwahad.

    Auteur: 
    toumi10 

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    Mon cher toumi, je sais que tes racines puisent leur eau dans l'Ain kbir. Je ne conteste pas tes informations. Je précise tout simplement qu’il existe deux marabouts : celui de Sidi Abdelwahed et celui de Sidi Mamnhou. Par conséquent l’un ne peut pas se situer dans l’autre. Karrouch ne te dira jamais qu’il habite à Sidi Mamnhou. El ganoudi oui. Il te précisera qu’il habite à Errouda à coté de Sidi Mamnhou. 

    Auteur: Fandlaoui

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    Je reviens un peu sur l'exposé de notre ami Fandlaoui que j'ai trouvé fort intéressant même pour les kalâoui. Il a cité le nom de certaines personnes qui ont marqué l'histoire de Oulad M'hamed mais il a oublié le nom le plus important et le plus connu - pas seulement à El Kalâa - un nom qui a dépassé les frontières des Beni Yazgha. On le trouve même brièvement dans l'histoire du Maroc. Il était contemporain du Sultan Moulay Ismail qui a régné sur le Maroc de 1672 à 1727. Il s'agit du Caid Benichou. Benichou habitait Oulad M'hamed, et sa maison était là où Ould Massou et Chadli ont construit la leur. C'est Benichou qui a construit le minaret de Oulad M'hamed ainsi que celui d'El Menzel. C'était un personnage cruel, impitoyable, mais un bâtisseur. Il paraît qu'il avait un pouvoir étendu jusqu'à Marrakech. Je ne vous le confirme pas mais je ne vous répéte que le témoignage des anciens. Souvent on répétait chez nous que telle ou telle construction datait de l'époque de Benichou. Pendant la construction de certains monuments, si par malheur un ouvrier ne tenait pas la cadence et s'effondrait de fatigue, on le piétinait et on continuait le travail! Par exemple le village des Bni Aâlahame à côté d'Ahermoumou: en réalité on les appelait Bni Aâlihim (c'est-à-dire construit sur eux!),  pour montrer la cruauté de Benichou. Une légende qui a beaucoup de vrai raconte que Benichou aurait enlevé une fille de Moulay Ismail, l'aurait tuée plus tard et l'aurait jetée dans un puits. Il faut dire que Moulay Ismail aurait eu 500 enfants et que, certainement, il n'aurait même fait remarqué qu'il lui manquait même une dizaine de filles !

    Auteur: toumi10 

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    Salut Monsieur Fandlaoui, je viens de lire vos exposés sur les Oulad M'hamed et je voudrais faire deux rectifications, l'une sur les Oulad M'hamed, l'autre sur les Chouadal:

    1- Cher Fandalaoui, vous avez nommé les frères Chadli mais vous avez oublié Larbi Chadli, un des frère Chadli.
    C'est vrai qu'il est mort très tôt et qu'il n'a laissé que trois filles, dont ma mère. 
    L'officier français a été tué à côté de Ain Kbir par un des frères Chadli, et pendant la nuit qui a suivi toute la famille a quitté Oulad M'hamed en direction de Ait Sarhrouchèn.
    L'exil a duré un an et demi sauf pour Larbi Chadli qui est resté éloigné pendant deux ans et demi: oui, il a fallu un an de plus pour que ses frères puissent le convaincre de revenir au village.
    Cette triste histoire a eu lieu en 1930. Une de mes tantes est née en exil à Ait Sarhrouchèn.
    La suite a été la ruine et l'éclatement de la famille (chacun pour soi!) et la mort de mon grand-père dans la misère totale quelques années après son retour.
    Ils ont récupéré de leurs biens très peu de choses, même pas 1%. Mon grand père a eu droit à la petite maison un peu plus bas que la mosquée, aujourd'hui une ruine, et un petit Aârssa à El Ganoudi. 
    Tout cela n'est plus maintenant que des terrains vagues, de même que nos deux maisons de Bab Saaba à El Menzel...

    2- Monsieur Fandlaoui, ce n'est pas sérieux de croire des choses pareilles: les Oulad M'hamed des voleurs de poules... Alllons! Allons! ....Des accusations pareilles ne peuvent venir que d'Ould Abdelaziz. 
    Cher Fandlaoui, fais attention lorsque tu parles de Touama car ma grand mère Fatma Hamou du côté de mon père est de pure souche Toumi.

    Auteur: Yazghi 2 
     
    _____________________________________________________________________________

    Pour répondre à notre nouvel ami Yazghi, à qui je souhaite de tout mon cœur la bienvenue (je demande à notre ami et khouya Mghili de lui réserver une belle cérémonie d’accueil) sache mon cher qu’en parlant des Chouadel, j’ai voulu seulement nommer la grande famille, et que les membres que j’ai cités, c’était uniquement à titre d’exemples. Je n’ai pas cité Ahmed Chadli dont les 7 fils sont tous nés à Fès : Mustapha le cadet, je cois, qui était le directeur de la trésorerie à Fès, est décédé il y a trois ans, une mort tragique puisqu’il mort asphyxié en prenant sa douche. Je n’ai pas parlé non plus de Lahcen Chadli, père des défunts Abdelkrim et Abdeslam ni de Mhamed Chadli dont le fils Abderrahmane, que dieu ait son âme, fut infirmier à Fès, ni de Si Tayeb Hammou chadli dont les descendents vivent actuellement à lahmari. Je connais bien sûr la défunte ta grand-mère nommée Sarghiniya, ta maman Fatma et ta tante surnommée Chalha et l'autre dont j’ai oublié le nom. De toutes les façons ce que j’écris, je le cite de mémoire, et reste ouvert à toutes les rectifications et à tous les compléments d’informations et c’est là que réside l’intérêt de notre forum.  

    Auteur: Fandlaoui  


    1 commentaire
  • Anecdote: le soir du premier jour où l'électricité est arrivée à El Gaada, et que s'est allumé le seul lampadaire du village, au centre du village, les poules qui étaient là ont refusé d'aller se coucher. Le saviez-vous?

    Auteur:
    froissart

    Grâce à toi, cher Patryck,  je viens d'apprendre que les poules d'ELGAADA ont fait grève de sommeil" à cause des lampadaires qui ont perturbé leur tranquillité !!. Avec cette information que beaucoup de gens parmi nous ignoraient, tu mérites largement -cher Patryck - d'être un vrai Yazghi. Bravo pour toutes les anecdotes que tu nous racontes sur Beni Yazgha  car ceci  nous fait plaisir et nous rafraîchit la mémoire .

    Auteur:
    toumi10

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